"La Filature" - Cardif IARD

"La Filature" - Cardif IARD

Cabinet ARTEFACT – Architecte

Sur la « rive gauche » de la Seine à Rouen, l’immeuble « La Filature » reflète dans ses façades ondulées le siège social du Groupe Matmut, son maître d’ouvrage. Associant fluidité architecturale et performances énergétiques, ce projet de l’agence rouennaise Artefact témoigne d’une volonté d’innovation partagée. Histoire d’un défi technologique pour lequel la société Reynaers Aluminium a développé des solutions spécifiques.

« L’aventure continue… » souligne Daniel Havis, président du groupe Matmut lors de l’inauguration fin 2017 de « La Filature » destinée à accueillir les quelques 600 collaborateurs de Cardif IARD, nouvelle structure commune d’assurance créée avec le groupe BNP Paribas. En effet, dans une ville qui a vu naître la Matmut en 1961, la construction des 17500 m2 de bureaux, en R+2 sur deux niveaux de sous-sol, est emblématique à bien des égards. Elle confirme l’implication du groupe dans le développement de la métropole rouennaise, mais aussi dans le quartier même où son siège social s’est implanté dans les années 70. Après en avoir réalisé l’extension en 2010, il s’agissait pour les architectes d’Artefact de s’en démarquer pour cette seconde réalisation en imaginant un bâtiment tout en verre reflétant le siège historique de la Matmut. « Le fait de préserver un arbre remarquable, un cèdre de l'Himalaya, a inspiré une première courbe au projet, et nous avons continué dans cette veine » raconte Jildaz Ronceray, architecte et chef de projet pour l'agence Artefact.

Pour répondre à la demande des architectes, la société Reynaers a développé des pièces de supports de vitrage en fonction des différentes courbes de façade à relier, des profilés d'intégration, sans oublier des châssis pompiers et de désenfumage (TS 68). Mis en œuvre par l'entreprise Coveris avec la société Ava, ces systèmes hors DTU ont nécessité une procédure d'Atex avec essais AEV pour l’étanchéité et de résistance aux chocs pour le garde-corps. Challenge réussi pour « La Filature ».

Défi énergétique


Une nouvelle vague est ainsi lancée à la hauteur de l’enjeu que le maître d’ouvrage s’est fixé : inscrire l’opération dans le cadre du label allemand « Passivhaus » dont les objectifs très bas de dépenses énergétiques deviendront des standards à l’horizon des années 2030. Avec ses courbes vitrées, « La Filature » relève un véritable défi énergétique, couronné par le titre de première réalisation tertiaire de cette envergure labellisée « Passivhaus » en France.

“« Ce label que nous avons obtenu début janvier 2019 est reconnu internationalement comme le plus exigeant en termes de sobriété énergétique, de durabilité et de confort intérieur » commente Pauline Vaudry, chargé d’opération au groupe Matmut.”

Elle précise « La très basse consommation est obtenue à travers plusieurs biais entre l’utilisation de l’apport de chaleur « passive » du soleil, une très forte isolation, l’absence de ponts thermiques, une grande étanchéité à l’air, ou encore le contrôle précis de la ventilation. Le parti architectural d’une enveloppe en verre pour obtenir ce label a représenté un défi technologique nécessitant la mise au point de vitrages cintrés hautes performances »

 

Enveloppe dynamique et architecture passive

Abritant des lieux de travail efficaces et agréables, cette « architecture passive » se révèle par son enveloppe dynamique. Les architectes dont les maîtres mots sont transparence, lumière, fluidité et confort soulignent avant tout l’apport de lumière naturelle dans les bureaux privatifs et les 15 open spaces de 700m². Pour cela, les façades courbes en triple vitrage sont équipés d’un filtre solaire, des puits de lumière à l’intérieur s’ajoutent à un grand « atrium » central jouant le rôle de pivot/lieu de rencontre tout en assurant le refroidissement naturel du bâtiment. Cette conception passive intègre une toiture végétale et la création de 4 puits de géothermie utilisant l’eau de la nappe phréatique à environ 15° pour réguler la température intérieure.

 

Challenge technique

Avec une surface de près de 4000 M2, l’enveloppe vitrée du bâtiment fait figure de défi technologique. Ouvrant le champ des possibles, la société Reynaers Aluminium a développé des dispositifs spécifiques pour la mise en œuvre du triple vitrage bombé aux panneaux concaves et convexes. La prouesse a été non seulement de créer une surface courbe sur un seul plan mais aussi d’intégrer des garde-corps en façade sur un calepinage de 1.5 m par 4,11m pour un poids jusqu'à 500 kg…

“« Dans un objectif de fluidité maximale du mur-rideau, nous avons privilégié la pose de verres clamés », explique l’architecte Jildaz Ronceray”

« Deux avantages majeurs à cette technique, il n'y a ni ponts thermiques, intéressant pour l'isolation, ni excroissance extérieure, ce qui évite les encrassements à long terme ». Le chargé d’affaire chez Reynaers Aluminium, Serge Tanguy précise : « Pour la façade, la demande portait sur un aspect VEC avec joint de 20 mm entre les vitrages, des alternances de façades droites et bombées, concaves et convexes en continuité, et un objectif UCW de 0.8 W/m².K. La solution de mur-rideau avec vitrages à clamer est apparue la plus pertinente au travers d’adaptations spécifiques du système CW 60 SC. »

Fabricant: 
Coveris Ava
Architecte: 
Cabinet ARTEFACT – Architecte
Lieu: 
Rouen, France View on map
Photographe: 
Julien TRAGIN
Autres partenaires: 
Cabinet ARTEFACT – Architecte (Local architects)
Systèmes Reynaers utilisés: